
N° 1 -
Décembre 2002 - Tout, vous saurez tout sur Chaligny !

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Communiqué
de la Direction
Nous
avons l'immense plaisir d'annoncer à nos chers
lecteurs la récente nomination de la Mère
Mâmiche au poste très envié de rédactrice
en chef de notre journal. Nous savons que son plus cher
désir est de vous tenir informés des événements
qui ont lieu dans votre bonne ville de Chaligny, mais
aussi, de temps en temps, du monde extérieur.
Le
Président Directeur Général de"La
Gazette de Chaligny"
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Editorial
de la Mère Mâmiche, rédactrice en chef
Môn
Dieu don ! Me v'là nommée, moi, la Mère Mâmiche,
rédactrice en chef de votre journal préféré
! Pour une surprise, ça a été une surprise.
Pensez donc ! Paraît que j'ai été choisie parce
que "j'avais du langage et pas les yeux dans ma poche".
Ca, c'est bien vrai que j'ai l'oeil vif, mais pour un peu, ils m'auraient
traité de cancatte, ces gens-là ! J'dois dire que
j'ai pas fait des âties pour accepter. Ca non !. Rien que
pour voir la tête de mon homme quand j'lui ai dit ! Il en
bavait des ronds de chapeau ! Une vraie tête de hartard qu'il
faisait ! Pour ça, j'l'ai bien étonné, le Fanfoué
! Depuis, y s'est habitué, comme qui dirait ! Faut bien !
Et vous,
mes chers Lecteurs, j'suis sûre qu'on va passer de bons moments
ensemble. Faut vous dire que ce journal sera un peu satirique.
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Les
nouvelles vont vite dans c'pays. Pensez donc ! j'ai déjà
reçu ce dessin à la Rédaction. A peine
nommée, j'suis déjà célèbre
! Paraît qu'ça m'ressemble. J'veux bien, mais
si vous m'rencontrez dans la rue, vous risquez pas d'm'reconnaître.
Quand même, je me demande qui c'est le mandrin qui m'a
dessinée comme ça... J'suis sûre qui doit
pas gagner sa vie avec ça... peut-être après
que son dessin soit paru dans notre journal... |
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Sommaire
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La
Sainte Barbe
a
de nouveau été fêtée le 4 décembre
dernier, mais la grand messe des mineurs a eu lieu à
la chapelle, vu qu'l'église est fermée
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Depuis
ma nomination, j'ai plus la même vie qu'avant. Quéquefois,
le Fanfoué s'en plaint, surtout quand il a faim et qu'je
travaille. Y s'met alors à pousser des braillées,
je n'vous dis qu'ça ! Sûr qu'les voisins en profitent
! Question braillées, y retire de son père. Et quand
j'lui dis d'aller voir ailleurs si j'y suis au lieu d'me bassiner,
histoire de lui passer le temps jusqu'à c'que j'finisse mon
ouvrage, ça l'calme pas du tout, bien au contraire. Il a
bien dû s' faire les poumons quand il est né, c'ouaré-là
!
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C'est une
photo de mon Fanfoué quand il était piot.
Il poussait déjà ses braillées
quand il avait faim !
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J'vois bien que vous
voudriez bien connaître la fin de l'histoire... parce que
vous êtes en train de vous monter le bourrichon sur les
bisbilles que j'peux avoir avec mon Fanfoué, nêmme.
Comme j'suis bonne pâte, j'vas vous la raconter.
Les braillées
diminuent au fur et à mesure que son assiette se remplit.
Quand j'étais bacelle, ma mère m'disait toujours
"les p'tits plats retiennent les p'tits maris". C'est
ben vrai ! Le mien devient tout sucre, tout miel et m'ferait des
papouilles si j'le laissais faire, l'dévergondé
! Bon, maintenant j'vas vous parler de choses sérieuses.
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17
mars 2002 - La brocante à Chaligny
D'abord,
je vais vous parler de la brocante du 17 mars 2002. Ce fut un bien
beau dimanche, avec le soleil, les premiers bourgeons et les p'tits
zoziaux, et tout et tout. On a eu bien du monde qu'est venu au village,
ça oui, pour reluquer toutes les vieilleries qu'on avait
sorties du grenier et briquées pour l'occasion. |
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Notre
village le jour de la Brocante |
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Dès potron-minet,
au village, ils étaient tous là à étaler
leurs marchandises : le Robert, le Claude, le Jean et bien d'autres.
Vous savez, tout ce
qui encombre et qu'on veut plus : le vieux service à café
de la tante Philomène qui n'a plus que trois tasses, une
vieille chaise toute peute, mais à laquelle l'oncle Auguste
(paix à son âme !) tenait comme à la prunelle
de ses yeux parce que c'était la chaise de son défunt
père, des verrines de mirabelles, etc., etc.
Oui, un bien beau jour
! Et tous ces gens en train de feugner dans nos vieilleries, comme
s'ils allaient trouver un trésor qu'on n'aurait pas vu.
On est tout de même pas beûlou, non mais des fois
!
Faut dire qu'ils étaient
tous bien gentils dans l'ensemble et, avec nos vieilleries, ils
auront un p'tit bout de notre passé chez eux.
Bien sûr, il
y avait bien quelques pineguettes, mais pas beaucoup, qui trouvaient
à redire à tout,
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simplement parce qu'elles
voulaient pas toucher à leurs goyottes, les râpiates
!
Mais pas un cheûlard
ne traînait ses guêtres dans nos rues.
Les piots, bien sûr,
essayaient bien de quaouatter partout, mais leurs parents les
tenaient à l'oeil.
Avec cela, les tioches
de l'église n'ont pas voulu être en reste et sonnaient
de temps en temps, histoire de participer, elles aussi, à
la fête.
Nos visiteurs ont bien
feugné et, finalement, tout le monde a trouvé son
compte : ceux qui ont acheté et ceux qui ont vendu. Une
bien bonne journée, quoi !
La brocante à
Chaligny, c'est quelque chose ! Faut y voir pour y croire ! Ceux
qui l'ont ratée ne savent pas ce qu'ils ont perdu ! Et
pour les autres, ceux qui sont venus :
"à la revoyure !"
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Notre
église Saint-Rémy en bien piteux état
Sainte
Barbe et Saint Nicolas
Si le
Bon Dieu et Saint Rémy voient notre église d'puis
là-haut, sûr qu'ils sont pas contents, mais pas contents
du tout de la voir traitée comme une pestiférée
avec son cordon de sécurité et ses tioches qui n'sonnent
plus, ses voûtes qui n'résonnent plus des chants de
la grand messe et de la musique de l'orgue.
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Le
cordon de sécurité autour de l'église |
C'est
que depuis le temps qu'elle existe, notre église, elle en
a vu passer des Chalinéens. Pensez donc ! Le Pierre Galliot
et sa femme la Jehanne Badel venaient déjà prier là
en 1600. Faut pas oublier qu'autrefois, sa tour faisait partie du
château de Chaligny (c'était plutôt une forteresse)
qui avait été construit par l'Henri 1er de Vaudémont
en 1263 : ça lui permettait de surveiller la Moselle et le
Madon, des fois que des vilaines gens arrivent par là.
Oui,
notre église, elle en a vu des choses : des galapiats qui
s'amusaient à se pousser et à faire des niches aux
braves gens en 1790. Mais les pires, c'étaient les armées
qui sont passées à Chaligny, avec tous ces gens qui
harchepaillaient, même la truandaille "bretonne"
d'Arnaud de Cervolles, dit 'l'Archiprêtre", appelée
par Henri V de Vaudémont et qui a protégé Chaligny
en 1363. Pour les dernières guerres, vous savez tous ce qu'il
en est.
Notre
église a résisté, nêmme donc. Mais aujourd'hui...
Jugez vous-même : le choeur de notre église était
déjà fissuré en 1997 et depuis, ça ne
s'est pas arrangé.
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Le
beau vitrail de 1520 (photos), le retable et les statues en bois
polychrome du 16ème risquent de disparaître si le
choeur s'écroule. C'est un problème de drainage
qu'ils disent et que ça va coûter des sous ! Va falloir
sortir la goyotte... si elle existe.
Mais
goyotte ou pas goyotte, faut plus jouer aux râpiats et faut
se dépêcher de réparer afin que le Saint Rémy
là-haut puisse entendre de nouveau des messes dans son
église.
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| J'suis
sûre qu'ils vont en profiter pour augmenter les impôts,
ces galapiats. Mais,
peut-être bien que l'Etat nous donnera des sous, parce que depuis
le 29 octobre 1926, notre église est classée à
l'inventaire des monuments historiques. |
Fête
de la Sainte Barbe, le 4 décembre 2002
En attendant,
pour notre messe de la Sainte-Barbe au Mont : bernique
!
Elle
a eu lieu à la chapelle. Pauvre Sainte-Barbe, sainte patronne
des mineurs ! Sûr qu'elle a dû être toute dépaysée
: c'était la première fois depuis longtemps qu'on
célébrait en grandes pompes sa fête et... môn
Dieu donc, voilà qu'elle ne retrouve pas son église.
A son âge, c'était pas une attrape à lui faire
!
Les mineurs
retraités ont décidé de renouer avec cette
tradition séculaire, en faisant célébrer une
messe, suivie d'un vin d'honneur à la salle des fêtes
(heureusement, notre salle des fêtes tient le coup !) et d'un
repas pour les Anciens. |

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Fête
de la Saint Nicolas, le 6 décembre 2002
Quant
au Saint-Nicolas, c'est du pareil au même
! Il aura sa messe à la chapelle ! Comme les autres !
Enfin,
il est pas difficile, notre Saint Nicolas. Pourvu qu'il puisse
passer dans le village, avec son bel habit tout neuf et distribuer
les bonbons de sa hotte, il est tout content !
Tous
les piots se pressaient autour de lui, avec de grands yeux emplis
de l'espoir d'avoir un bonbon de plus que le piot d'à côté.
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Notre église
Saint-Rémy : les travaux ont commencé...
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