Not'
bon curé part à la retraite
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Eh
oui, l'âge de la retraite sonne aussi pour nos curés,
nêmme ! Heureusement, il habite toujours dans not'
village et on peut toujours tailler une bavette avec lui,
mais pour c'qui est de l'entendre nous prêcher la
bonne parole, bernique ! C'est fini et nini ! Tout le
monde l'aime bien au village, not' Loulou ! Mais oui,
c'est comme ça qu'on l'appelle cheu nous, parce
qu'il est pas fiérot pour un sou et qu'il parle
à tout l'monde, même à ceux qui ne
croient pas en Dieu. Ca, pour un curé, c'est un
curé comme on les aime cheu nous ! Mais bon, l'pauvre
homme, faut bien qu'y s'repose aussi, nêmme ! comme
nous autres au même âge ! Comme y dit pus
la messe, y va chanter à l'église quand
y a un office... ça lui rappelle le temps où
il était not' curé et nous, on est content
qu'y soit avec nous.
Maint'nant,
not'
église est fermée. Qué dommage,
tout de même ! Mon Dieu don, qui aurait pu penser,
qu'un jour, on aurait p'us d'curé pour mettre dans
nos si belles églises ?
Avant
qu'on ait l'usine de Neu-Neu, les gens n'travaillaient
pas le dimanche. Y aurait fait beau voir qu'ils travaillent
le jour du Seigneur, c'est l'curé qui les aurait
bien attrapé, nêmme ! Alors, comme ils avaient
rien à faire et qu'ils risquaient d's'ennuyer,
l'curé, il occupait les gens : la petite messe
du matin, pis la grande messe jusqu'à midi. Juste
le temps de se remplir la bodate au repas d'midi et y
retournaient à l'église faire leur p'tite
digestion pendant les vêpres. Quand ils en sortaient,
y pouvaient profiter un peu du soleil quand y en avait
et le soir, ils retournaient à l'église
pour dire au bon Dieu qu'y pouvait être content
: ils avaient vraiment rien fait de la journée
! Le curé de c't'époque disait qu'si les
gens travaillaient l' dimanche (y étaient ben forcés
avec les cubillots, nêmme !)... eh bien, un jour,
y aurait p'us personne à l'église. Comme
prophète, c'curé-là valait pas ièque,
pa'ce que y a toujours du monde, pas beaucoup, mais un
peu tout d'même, mais y a pus d'curé !
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De
fil en aiguille, y a plus d'horloge de la Filoche !
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Not'filoche,
c'est du passé, maintenant, nêmme ! Ca fait
quéque chose, tout de même, d'la voir comme
ça, toute chamboulée ! Comme j'disais l'aut'
jour à la Guiguitte. Vous connaissez la Guiguitte,
nêmme ? Mais si, voyons, la Guiguitte qu'a marié
le Marcel et qu'habite un peu plus loin qu'cheu nous. Ah
! J'savais bien qu'vous la connaissiez. Eh bien, j'lui disais
: "mon Fanfoué passe tout son temps à
aller raouter par là. Tu penses, comme il est à
la retraite, il a rien à faire. Alors, il va traîner
ses guêtres vers la Filoche et y regarde les autres
travailler. Ca ne l'fatigue pas, va ! Enfin, j'aime mieux
ça que d'l'avoir toujours dans mes jambes, le ouaré,
nêmme donc ! Mais si seulement, y s'décrottait
les pieds et qu'y mettait ses patins quand y rentre, mais
non !"
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Alors,
mon Fanfoué, comme il est toujours là-bas,
j'ai tout de suite su qu'on avait volé l'horloge
de la filoche ! Faut l'faire, tout de même ! Y a vraiment
p'us d'honnêtes gens, maintenant, n'est-ce-pas, Guiguitte
?
Pour
sûr que l'peût qu'a fait ça pensait qu'un
trou de plus ou de moins dans la façade de not'Filoche,
c'était du pareil au même, nêmme ! Ben
non, de quoi qu'elle a l'air maintenant ? D'ailleurs, c'est
p'us la Filoche, c'est l'hôtel des courants d'air
! Enfin, après avoir tout cassé, y vont lui
remettre des murs et ça sera une médiathèque
comme y disent. Sûr que mon Fanfoué va y être
souvent fourré dans c'te médiathèque
!
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Février
2008 - Baptême de la salle polyvalente
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Depuis
février, not' salle des fêtes porte
le nom de Marcel Dominioni. C'était une
"gueule jaune" comme on dit chez nous,
un sâpré syndicaliste, et bon coeur
comme pas un. C'est pour ça qu'il est resté
tant d'années président de la Caisse
de secours minier. Il a même été
l'adjoint du député Henri Grouès
qu'est devenu le célèbre Abbé
Pierre. Mais oui, bien sûr !
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Octobre
2008 : Un nouveau boulanger |
Après
seize mois, longs comme des jours sans pain, la boulangerie
de la rue du Réal est de nouveau ouverte... et
tout le monde est ben content, c'est moi qui vous l'dit
!
Not'
nouveau boulanger, il n'connait que l'pétrin depuis
qu'il est né : son père, son grand-père
étaient déjà dans la boulange ! Alors,
le pain, ça le connait, vous pensez! Et c'est pas
mon Fanfoué qui vous dira le contraire, lui qui
s'précipite tous les matins pour aller chercher
sa baguette... et cancatter avec les copains, bien sûr
!
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Septembre
: la crèche-garderie "Chali'chatons"
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On ne reconnait
plus notre coopette, avec sa belle peinture toute neuve,
et pis maintenant, elle est benjoindante à la nouvelle
crèche-garderie qui reçoit nos piots depuis
septembre.
Y
sont drôlement gâtés, nos piots, avec
tous les biaux lits, les tas de jouets et tout et tout
!
Photos
de l'intérieur de la crèche-garderie :
http://www.axsane.fr/Chali-chatons.html
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Novembre
: Le 90ème anniversaire de l'Armistice
C'est-y
pas Dieu possible comme ces pôv' gens de la guerre
14-18, ont pu souffrir, nêmme ! Alors, pour le 90ème
anniversaire, le Jean-Claude Perrin (association "Le
livre et l'histoire" nous a en parlé, tellement
bien qu'on avait tous la larme à l'oeil. Et c'est
bien, surtout pour nos piots et tous les ouarés qui
croient que c'est tout des histoires de dans le temps, alors
qu'c'est pas si vieux qu'ça, nêmme !
Môn
Dieu don, comment qui vivaient, ces pôv' gens ! Les
tranchées, c'étaient des vrais caillons et
même pire que ça, avec des bestioles, des cadavres
tout mélangés à la margatte, et pis
des obus en veux-tu, en voilà, et pas souvent à
manger chaud. Ô les pôv'gens, nêmme !
Comme y disait, le Jean-Claude : "La terre devient
homme, l'homme devient terre. L'horreur est acceptée
comme familière et quotidienne." Et
pis, on a commencé à causer de l'armistice,
mais personne y croyait. Pensez, depuis l'temps que ça
se disait !
Et
pis, c'est un gars chez nous, le Georges Labroche qui a
passé les lignes, en sonnant le cessez-le-feu, avec
les huiles allemandes et françaises. Fallait bien
qu'nos conditions de l'armistice soient lues par les Allemands,
nêmme !
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Il
avait drôlement les choquottes, not' Georges Labroche, quand
il a franchi les lignes en sonnant du clairon, mais quand faut
y aller, faut y aller, nêmme ! Et il y est allé !
Tout fier qu'il était après, mais y avait des peutes
gens qui n' croyaient pas son histoire, et ça l'rendait
triste, nêmme ! Mais maintenant, tout le monde dit qu'il
était le deuxième clairon
de l'armistice, même les journaux !
Ben
sûr, faudrait parler de tous nos pôv'jeunes qu'ont
avalé leur bulletin de naissance pendant cette peute guerre
: des tout jeunes, à peine sortis des jupes d'leur mère,
et d'autres qui avaient femme et enfants ! Et pis, y a aussi ceux
qui ont été faits prisonniers. Une bien triste époque,
allez ! Voir des choses pareilles, des choses qu'on n'oserait
même pas imaginer. Quatre-vingt-dix de nos jeunes qui sont
morts pendant cette guerre-là ! C'est pas rien, nêmme
! Et dire qu'on a remis ça vingt ans plus tard !
Photo
du haut : Passage des lignes par les plénipotentiaires
allemands
Photo du bas : le clairon de Georges Labroche (3ème clairon
de l'armistice)
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décembre 2008 - Le marché de Noël
13
décembre 2008 - Des sangliers à l'école
Eh bien, s'il
y en a une qui a bien cru qu'on lui faisait une attrape,
c'est bien la Marie Claude qu'habite à l'école.
Pensez donc ! Ce samedi-là, à 7 h, elle va
pour monter dans sa voiture qu'est garée sous le
préau et voilà-t-y pas qu'une grosse laie
de cinquante kilos lui fonce dessus.. mais oui ! Comme j'vous
l'dis ! Et pis, à 13 h, v'là que le sanglier
la charge à nouveau avant de se trisser dans les
buissons pour protéger son piot. Sûr qu'y avait
pas que la Marie Claude qu'avait drôlement peur !
On pouvait pas
laisser là c'te pôv' bête et son piot,
tout de même ! Non ! Mais nous, à Chaligny,
on a pas fait comme ces peutes gens d'Essey*... non, pour
ça non, on n'est pas des sauvages, tout de même
! Notre maire, dès qu'il a su c'qui s'passait, il
a fait venir les chasseurs de l'Association Communale de
Chasse Agréée (ACCA) pour savoir c'qui pouvait
faire. Et pis, il a aussi appelé le groupe animalier
des pompiers et, à 14 h 30, le président de
c'groupe qu'est aussi vétérinaire, le Peter
K., il a pris son fusil à seringue hypodermique et
il a tiré sur la laie, puis sur son piot. Eh bien,
ça n'a pas été long, croyez-moi ! Cinq
minutes après, les deux bêtes dormaient. On
les a mis dans une cage : y aurait pas fallu qu'y s'réveillent
et se trissent, avant même qu'on les ait emmenés
dans la forêt, nêmme ! Les pompiers, le maire
et les gendarmes sont tous allés dans la forêt
pour libérer les sangliers.
A 15 h 30, la
laie s'est réveillée. Elle chamboulait bien
un peu, comme not' grand cheûlard de Bernard quand
il sort du caboulot. Mais dès qu'elle a pu, elle
s'est vite trissée dans la forêt en laissant
son piot encore endormi. Quand il s'est réveillé
à son tour, il s'est trissé lui aussi dans
la forêt. A l'heure qu'il est, ils sont certainement
ensemble.
(*) Le 23
novembre 2008, quatre sangliers, acculés dans la
cour d'une maison du centre-ville d'Essey-les-Nancy, sont
abattus. |
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Des
pompons pour la rue Pintier
La Sylvie
F. a eu une sâprée bonne idée : décorer
l'entrée de not' village avec des pompons, des bonhommes
de neige, des écharpes, tous tricotés en laine!
Les dames
du "Café Tricot" et les piots des écoles,
croyez-moi, c'est pas des ambèches, pour ça non
! Faut voir comme ils avaient bien travaillés et comme
c'était drôlement beau pour le défilé
de la Saint Nicolas ! |
13
décembre 2008 : la Saint Nicolas
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On
a été drôlement gâtés,
cette année, nêmme ! Des chars en veux-tu,
en voilà, tous plus beaux les uns qu'les autres
! Quatre chars de Neuves-Maisons, un de Pont-Saint-Vincent,
en plus des nôtres, bien sûr ! Et pis, pour
la musique, on a eu la fanfare de Neuves-Maisons et la
Fanfarencorps Landsknechte Halver venue d'Allemagne.
Et le soir,
un feu d'artifice tiré depuis la Filoche, pardon
! la Médiathèque. |
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