N° 15 - Année 2008 - Tout, vous saurez tout sur Chaligny !

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Sommaire :

Editorial de la Mère Mâmiche

On croit qu'y s'est rien passé dans not'village, mais y a bien des choses qui ont changé not'vie. D'abord, y a eu not'curé qu'a pris sa retraite. C'était d'son âge, mais notre belle église qui vient juste d'être refaite, elle est toute vide.
Ensuite, on a perdu not'Filoche, mais avant sa démolition, les anciens et anciennes de la Filoche ont fait une exposition et écrit un livre qui parlent de leur travail.
Ce qui nous a bien changé la vie, c'est aussi l'arrivée du nouveau boulanger. Et pis, on a une crèche maintenant : les Chalichatons. En novembre, on a célébré le 90ème anniversaire de l'armistice, avec remise de médailles, hommage à not'clairon de l'armistice, le Georges Labroche, et une exposition à Neuves-Maisons sur la guerre 1914-1918.
 

Not' bon curé part à la retraite

Eh oui, l'âge de la retraite sonne aussi pour nos curés, nêmme ! Heureusement, il habite toujours dans not' village et on peut toujours tailler une bavette avec lui, mais pour c'qui est de l'entendre nous prêcher la bonne parole, bernique ! C'est fini et nini ! Tout le monde l'aime bien au village, not' Loulou ! Mais oui, c'est comme ça qu'on l'appelle cheu nous, parce qu'il est pas fiérot pour un sou et qu'il parle à tout l'monde, même à ceux qui ne croient pas en Dieu. Ca, pour un curé, c'est un curé comme on les aime cheu nous ! Mais bon, l'pauvre homme, faut bien qu'y s'repose aussi, nêmme ! comme nous autres au même âge ! Comme y dit pus la messe, y va chanter à l'église quand y a un office... ça lui rappelle le temps où il était not' curé et nous, on est content qu'y soit avec nous.
Maint'nant, not' église est fermée. Qué dommage, tout de même ! Mon Dieu don, qui aurait pu penser, qu'un jour, on aurait p'us d'curé pour mettre dans nos si belles églises ?
Avant qu'on ait l'usine de Neu-Neu, les gens n'travaillaient pas le dimanche. Y aurait fait beau voir qu'ils travaillent le jour du Seigneur, c'est l'curé qui les aurait bien attrapé, nêmme ! Alors, comme ils avaient rien à faire et qu'ils risquaient d's'ennuyer, l'curé, il occupait les gens : la petite messe du matin, pis la grande messe jusqu'à midi. Juste le temps de se remplir la bodate au repas d'midi et y retournaient à l'église faire leur p'tite digestion pendant les vêpres. Quand ils en sortaient, y pouvaient profiter un peu du soleil quand y en avait et le soir, ils retournaient à l'église pour dire au bon Dieu qu'y pouvait être content : ils avaient vraiment rien fait de la journée ! Le curé de c't'époque disait qu'si les gens travaillaient l' dimanche (y étaient ben forcés avec les cubillots, nêmme !)... eh bien, un jour, y aurait p'us personne à l'église. Comme prophète, c'curé-là valait pas ièque, pa'ce que y a toujours du monde, pas beaucoup, mais un peu tout d'même, mais y a pus d'curé !

De fil en aiguille, y a plus d'horloge de la Filoche !

Not'filoche, c'est du passé, maintenant, nêmme ! Ca fait quéque chose, tout de même, d'la voir comme ça, toute chamboulée ! Comme j'disais l'aut' jour à la Guiguitte. Vous connaissez la Guiguitte, nêmme ? Mais si, voyons, la Guiguitte qu'a marié le Marcel et qu'habite un peu plus loin qu'cheu nous. Ah ! J'savais bien qu'vous la connaissiez. Eh bien, j'lui disais : "mon Fanfoué passe tout son temps à aller raouter par là. Tu penses, comme il est à la retraite, il a rien à faire. Alors, il va traîner ses guêtres vers la Filoche et y regarde les autres travailler. Ca ne l'fatigue pas, va ! Enfin, j'aime mieux ça que d'l'avoir toujours dans mes jambes, le ouaré, nêmme donc ! Mais si seulement, y s'décrottait les pieds et qu'y mettait ses patins quand y rentre, mais non !"
Alors, mon Fanfoué, comme il est toujours là-bas, j'ai tout de suite su qu'on avait volé l'horloge de la filoche ! Faut l'faire, tout de même ! Y a vraiment p'us d'honnêtes gens, maintenant, n'est-ce-pas, Guiguitte ?
Pour sûr que l'peût qu'a fait ça pensait qu'un trou de plus ou de moins dans la façade de not'Filoche, c'était du pareil au même, nêmme ! Ben non, de quoi qu'elle a l'air maintenant ? D'ailleurs, c'est p'us la Filoche, c'est l'hôtel des courants d'air ! Enfin, après avoir tout cassé, y vont lui remettre des murs et ça sera une médiathèque comme y disent. Sûr que mon Fanfoué va y être souvent fourré dans c'te médiathèque !
 


Février 2008 - Baptême de la salle polyvalente

Depuis février, not' salle des fêtes porte le nom de Marcel Dominioni. C'était une "gueule jaune" comme on dit chez nous, un sâpré syndicaliste, et bon coeur comme pas un. C'est pour ça qu'il est resté tant d'années président de la Caisse de secours minier. Il a même été l'adjoint du député Henri Grouès qu'est devenu le célèbre Abbé Pierre. Mais oui, bien sûr !

Octobre 2008 : Un nouveau boulanger

Après seize mois, longs comme des jours sans pain, la boulangerie de la rue du Réal est de nouveau ouverte... et tout le monde est ben content, c'est moi qui vous l'dit !
Not' nouveau boulanger, il n'connait que l'pétrin depuis qu'il est né : son père, son grand-père étaient déjà dans la boulange ! Alors, le pain, ça le connait, vous pensez! Et c'est pas mon Fanfoué qui vous dira le contraire, lui qui s'précipite tous les matins pour aller chercher sa baguette... et cancatter avec les copains, bien sûr !

Septembre : la crèche-garderie "Chali'chatons"

On ne reconnait plus notre coopette, avec sa belle peinture toute neuve, et pis maintenant, elle est benjoindante à la nouvelle crèche-garderie qui reçoit nos piots depuis septembre.
Y sont drôlement gâtés, nos piots, avec tous les biaux lits, les tas de jouets et tout et tout !
Photos de l'intérieur de la crèche-garderie :
http://www.axsane.fr/Chali-chatons.html

Novembre : Le 90ème anniversaire de l'Armistice

C'est-y pas Dieu possible comme ces pôv' gens de la guerre 14-18, ont pu souffrir, nêmme ! Alors, pour le 90ème anniversaire, le Jean-Claude Perrin (association "Le livre et l'histoire" nous a en parlé, tellement bien qu'on avait tous la larme à l'oeil. Et c'est bien, surtout pour nos piots et tous les ouarés qui croient que c'est tout des histoires de dans le temps, alors qu'c'est pas si vieux qu'ça, nêmme !
Môn Dieu don, comment qui vivaient, ces pôv' gens ! Les tranchées, c'étaient des vrais caillons et même pire que ça, avec des bestioles, des cadavres tout mélangés à la margatte, et pis des obus en veux-tu, en voilà, et pas souvent à manger chaud. Ô les pôv'gens, nêmme ! Comme y disait, le Jean-Claude : "La terre devient homme, l'homme devient terre. L'horreur est acceptée comme familière et quotidienne." Et pis, on a commencé à causer de l'armistice, mais personne y croyait. Pensez, depuis l'temps que ça se disait !
Et pis, c'est un gars chez nous, le Georges Labroche qui a passé les lignes, en sonnant le cessez-le-feu, avec les huiles allemandes et françaises. Fallait bien qu'nos conditions de l'armistice soient lues par les Allemands, nêmme !
Il avait drôlement les choquottes, not' Georges Labroche, quand il a franchi les lignes en sonnant du clairon, mais quand faut y aller, faut y aller, nêmme ! Et il y est allé ! Tout fier qu'il était après, mais y avait des peutes gens qui n' croyaient pas son histoire, et ça l'rendait triste, nêmme ! Mais maintenant, tout le monde dit qu'il était le deuxième clairon de l'armistice, même les journaux !
Ben sûr, faudrait parler de tous nos pôv'jeunes qu'ont avalé leur bulletin de naissance pendant cette peute guerre : des tout jeunes, à peine sortis des jupes d'leur mère, et d'autres qui avaient femme et enfants ! Et pis, y a aussi ceux qui ont été faits prisonniers. Une bien triste époque, allez ! Voir des choses pareilles, des choses qu'on n'oserait même pas imaginer. Quatre-vingt-dix de nos jeunes qui sont morts pendant cette guerre-là ! C'est pas rien, nêmme ! Et dire qu'on a remis ça vingt ans plus tard !
Photo du haut : Passage des lignes par les plénipotentiaires allemands
Photo du bas : le clairon de Georges Labroche (3ème clairon de l'armistice)

3 décembre 2008 - Le marché de Noël


13 décembre 2008 - Des sangliers à l'école

Eh bien, s'il y en a une qui a bien cru qu'on lui faisait une attrape, c'est bien la Marie Claude qu'habite à l'école. Pensez donc ! Ce samedi-là, à 7 h, elle va pour monter dans sa voiture qu'est garée sous le préau et voilà-t-y pas qu'une grosse laie de cinquante kilos lui fonce dessus.. mais oui ! Comme j'vous l'dis ! Et pis, à 13 h, v'là que le sanglier la charge à nouveau avant de se trisser dans les buissons pour protéger son piot. Sûr qu'y avait pas que la Marie Claude qu'avait drôlement peur !
On pouvait pas laisser là c'te pôv' bête et son piot, tout de même ! Non ! Mais nous, à Chaligny, on a pas fait comme ces peutes gens d'Essey*... non, pour ça non, on n'est pas des sauvages, tout de même ! Notre maire, dès qu'il a su c'qui s'passait, il a fait venir les chasseurs de l'Association Communale de Chasse Agréée (ACCA) pour savoir c'qui pouvait faire. Et pis, il a aussi appelé le groupe animalier des pompiers et, à 14 h 30, le président de c'groupe qu'est aussi vétérinaire, le Peter K., il a pris son fusil à seringue hypodermique et il a tiré sur la laie, puis sur son piot. Eh bien, ça n'a pas été long, croyez-moi ! Cinq minutes après, les deux bêtes dormaient. On les a mis dans une cage : y aurait pas fallu qu'y s'réveillent et se trissent, avant même qu'on les ait emmenés dans la forêt, nêmme ! Les pompiers, le maire et les gendarmes sont tous allés dans la forêt pour libérer les sangliers.
A 15 h 30, la laie s'est réveillée. Elle chamboulait bien un peu, comme not' grand cheûlard de Bernard quand il sort du caboulot. Mais dès qu'elle a pu, elle s'est vite trissée dans la forêt en laissant son piot encore endormi. Quand il s'est réveillé à son tour, il s'est trissé lui aussi dans la forêt. A l'heure qu'il est, ils sont certainement ensemble.
(*) Le 23 novembre 2008, quatre sangliers, acculés dans la cour d'une maison du centre-ville d'Essey-les-Nancy, sont abattus.

Des pompons pour la rue Pintier

La Sylvie F. a eu une sâprée bonne idée : décorer l'entrée de not' village avec des pompons, des bonhommes de neige, des écharpes, tous tricotés en laine!
Les dames du "Café Tricot" et les piots des écoles, croyez-moi, c'est pas des ambèches, pour ça non ! Faut voir comme ils avaient bien travaillés et comme c'était drôlement beau pour le défilé de la Saint Nicolas !

13 décembre 2008 : la Saint Nicolas

On a été drôlement gâtés, cette année, nêmme ! Des chars en veux-tu, en voilà, tous plus beaux les uns qu'les autres ! Quatre chars de Neuves-Maisons, un de Pont-Saint-Vincent, en plus des nôtres, bien sûr ! Et pis, pour la musique, on a eu la fanfare de Neuves-Maisons et la Fanfarencorps Landsknechte Halver venue d'Allemagne.
Et le soir, un feu d'artifice tiré depuis la Filoche, pardon ! la Médiathèque.

 


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