N° 8 - Deuxième trimestre 2004 - Tout, vous saurez tout sur Chaligny !

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Sommaire :

Editorial de la Mère Mâmiche

Il a fait souvent crû, ce printemps, mais ça ne fait rien, tout a fini par pousser : les pourattes pour la soupe, la doucette, la pouillotte si bonne avec des chons de lard... Mais cette année, on a eu aussi des maisons qui se sont mises à pousser comme des champignons au Fond du Val, de bien belles maisons, nêmme !
Et comme on n'est pas des teugniâts, nêmme donc, on espère bien que les nouveaux Chalinéens et not' nouveau boulanger-pâtissier vont bien se plaire chez nous !

 


Lotissement du Fond du Val

Je n'sais pas si vous savez, mais on creuse des trous au Fond du Val. Oui, c'est comme je vous l'dis, mais c'est pas des galeries de mine, ça non ! C'est bien fini, c'temps-là, nêmme !

Ce sont des trous pour faire les fondations des maisons. Ils avaient pas commencé à travailler, que mon Fanfoué, qui est curieux comme une vieille bique, m'a dit qu'y aurait bientôt 45 maisons là-bas !

Môn Dieu don, va y avoir plein de nouvelles gens dans not' village, nêmme donc ! Plein de piots aussi pour remplir les classes de not'école !

Et puis, tous ces gens qui vont venir habiter chez nous, on les aime déjà, nêmme ! Ils sont pas bêtes, vous savez : ils ont bien compris qu'y avait pas mieux que not' village ! C'est la mère Mâmiche qui vous l'dit, alors c'est que c'est vrai, nêmme ! ( retour haut de page)

Notre nouveau boulanger !

Et not' nouveau boulanger, le Fabrice C., qui nous fait de si bons gâteaux, qu'on s'en relèche les babines déjà rien qu'à les rouatter, va être obligé d'en faire encore plus, nêmme ! De toutes manières, faudrait vraiment être nice cocotte pour ne pas les trouver bons, les gâteaux et le pain du Fabrice !

Depuis qu'il est installé, mon Fanfoué me bassine sans arrêt pour aller chercher le pain. Qué ouaré ! Lui qui faisait tant d'âties avant quand j'lui demandais ! Not' nouveau boulanger m'a changé mon Fanfoué. Faut dire que mon Fanfoué, s'il aime bien rouater les gâteaux, il aime encore mieux les manger ! Il ne veut pas qui fut dit, mais sa petite bodate n'est pas venue toute seule, nêmme !

Vous connaissez mon Fanfoué : toujours la parole facile avec les gens. Y cause, y cause, un vrai moulin à paroles, nêmme ! Vous attrapez le tournisse rien qu'à l'écouter. Bien sûr, il a su tout de suite que le Fabrice, not' nouveau boulanger était un Normand de Dieppe !

Tiens, justement, le voilà qui arrive, mon Fanfoué. Bien sûr, y revient avec un cornet plein de viennoiseries, le goulâfe ! Rien qu'à le rouatter, je vois que mon Fanfoué a bien cancatté. Voyons ce qu'il va me dire :

- Tu sais pas... not'boulanger, il vient de Dieppe ! Y parait que le Guillaume, tu sais bien, çui qui est allé, dans le temps, se mettre la couronne d'Angleterre sur la caboche, y serait parti de Dieppe... Et ce sâpré ouaré, il aurait même appris aux Saxons à parler français. Mais il a eu beau faire... Les Anglais, ils sont jamais arrivés à le prononcer comme y faut, not' français, nêmme ! Et ça s'est pas arrangé avec le temps, ça non ! Pense donc ! Ils mangent du "pork" (porc), du "mutton" (mouton), et du"beef" (boeuf) ! Tu ne me diras pas... c'est quand même du français mal prononcé, nêmme !

- Môn Dieu don, si tu te mets à apprendre l'anglais quand tu vas chercher le pain, on n'a pas fini de t'voir aller raouer là-bas au lieu de t'occuper de tes olivettes, nêmme !
- Oh, j't'ai pas encore tout dit ! Si tu savais... (V'là mon Fanfoué qui fait son important, et se rengorge comme le dindon de la Pierrette, vous savez, celle de l'Arche de Noé près des étangs)... Dieppe, ça a toujours été une ville de marins, nêmme donc !
Alors, les gens de là-bas, ils allaient raouter tout partout avec des bateaux, nêmme ! Même que déjà en 1364, ils sont allés en Guinée fonder un comptoir : le "Petit Dieppe"... Oh, c'étaient pas des hartards ces gens-là : ils en avaient dans la caboche, et ils ont bien arrondi leur goyotte en ramenant de l'ivoire jusqu'en France, nêmme !
 
Boulangerie de Chaligny : 2, rue du Réal
avec la camionnette de l'ancien propriétaire
Pas étonnant avec toutes ces histoires, que le piot Fabrice, dès qu'il a pu, il est parti raouter de par le monde : la Corse, la Hollande, l'Angleterre... (mon Fanfoué réfléchit un instant)... Pour l'Angleterre, c'est normal, parce que les Dieppois, y disent que leur ville, c'est autant la banlieue de Londres que celle de Paris...

- Môn Dieu don ! C'est pas nous qu'on irait voyager dans ces pays-là, qui causent pas comme chez nous, et que c'est comme du charabia quand on les écoute, hein mon Fanfoué !?.

- Ça c'est sûr, nêmme !... Mais... le Fabrice, ça l'gêne pas, nêmme... vu qu'il a travaillé à Los Angeles ! J'crois bien qu'c'est là qu'habite le Columbo de la télé, non ?... et puis le Fabrice, il a aussi vécu dans le Vermont, près de New York. Ah ! Il en a vu des choses, le ouaré !... J'aimerais pas tant habiter à New York. : il y a trop de peutes gens qui prennent les immeubles pour des quilles, et les abattent avec des avions, nêmme !
- T'as bien raison, mon Fanfoué ! Tous ces pays-là, ça ne vaut pas ièque à côté de not' Chaligny. D'ailleurs, pourquoi que le Fabrice y serait venu s'installer chez nous, avec sa Rosa et ses deux piottes si c'était pas vrai, nêmme ?

- Oui, mais la Rosa, elle est Lorraine, même si elle a pas toujours vécu là. Et tu sais bien, on peut aller vivre ailleurs... mais la Lorraine, elle nous quitte jamais, elle est toujours dans notre coeur, nêmme !
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Présences insolites chez le coiffeur

Le Jean Claude, le cheval et l'artilleur de Napoléon

 

 

 

 

Eh bien, au printemps, la vigne avait été bronchée, mais pas la pouillate de mon Fanfoué qui en avait bien besoin. Alors, il est allé chez le Jean-Claude Perrin... Quand il revient, tout biau avec ses cheveux bien coupés, le vlà qui me dit :

- Tu ne devineras jamais... J'ai vu un cheval dans le salon du Jean Claude, avec un artilleur de Napoléon !

- T'as vu quoi donc ?

- Un cheval dans le salon du Jean Claude et un artilleur de Napoléon que je t'dis !

- Fanfoué ! Tu veux m'faire une attrape ou t'as de la fièvre ou bien t'as été cheuler avec tes copains...

- Mais non, je vais bien, et j'suis pas beûlou, j'te dis...

- Ecoute, mon Fanfoué, je te crois ! Va dans le salon et allonge-toi sur le sofa ! ... Il fait bon chaud aujourd'hui, et avec ta pouillatte bien dégagée et ce soleil, tu dois être fatigué.

- Mais...

- Fais ce que je te dis ! Va te reposer sur le sofa du salon ! Pendant ce temps, je vais aller faire les courses...


Je laisse là mon Fanfoué, et j'file tout dret chez le Jean Claude, histoire de savoir si mon Fanfoué était déjà dans cet état-là quand il lui a coupé les cheveux...

Eh bien, mon Fanfoué m'avait pas raconté d'histoires ! Y avait bien un cheval et un grenadier de Napoléon dans le salon de coiffure ! Ils ne sont pas vivants, ça non ! Mais tout en résine, grandeur nature, et si bien faits qu'on dirait qu'ils sont vrais, nêmme !

Faut dire que le Jean Claude, il aime l'histoire. même qu'il est Président, mais oui ! d'une association : "Le livre et l'histoire". Alors il organise des expositions, un peu partout en Lorraine, et même en Corse, nêmme ! ... Et même que son association a construit un haut-fourneau à Neuves-Maisons ! Oh, bien sûr, pas grandeur nature, mais qui marche quand même, nêmme !

J'vois bien que l'envie vous démange d'en savoir davantage... Mais si ! Voyons, c'est pas à la Mère Mâmiche que vous allez raconter des histoires, nêmme donc ! Eh bien, vous allez être contents, parce que le Jean-Claude, il a un site où il montre tout tortout :

http://perso.wanadoo.fr/lelivreetlhistoire/

Faut aller voir aussi celui de la Ghislaine qui vous parle d'un obusier de 6 pouces, tout pareil à ceux utilisés par les artilleurs de Napoléon 1er ! C'est vraiment de la belle ouvrage, cet obusier, nêmme !

http://perso.wanadoo.fr/fabry.ghislaine/
La Ghislaine, elle a fait les deux sites : çui du Jean-Claude et le sien. Pour ça, on peut pas dire qu'elle est hartard, la Ghislaine ! Elle est même drôlement débrouille avec l'internet !

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