N° 9 - De juillet à décembre 2004 - Tout, vous saurez tout sur Chaligny !

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Sommaire :

Editorial de la Mère Mâmiche

Môn Dieu don, quel silence maintenant dans notre Grande Rue : plus d'engins, plus de poussière, on est enfin tranquilles cheu nous ! On n'savait plus c'que c'était ! J'peux même mett'e ma poubelle devant ma porte sur le beau trottoir en porphyre, et ouvrir mes fenêtres qui donnent sur la rue sans être obligée de tout briquer après ! J'ai presque du mal à m'y habituer, nêmme !

Juillet 2004 - Des travaux plein not'Grande Rue!

 

Oui, des travaux plein not' Grande Rue, en veux-tu, en voilà !
Nos mémères auraient pas eu de problème avec les bonnes chaussures qu'elles mettaient pour aller dans les vignes, pas comme les piottes pineguettes perchées sur leurs talons qu'on dirait le héron qu'on voit près de not' Moselle !
J'ai pas besoin de cancatter bien longtemps au sujet d'nos rues comme elles sont en ce moment. J'vous dis pas quand il pleut, on a tellement de margatte plein les semelles, c'est comme si on ramènait la rue dans not' maison.
Regardez voir ces photos, et vous aurez tout de suite compris la situation, même les beulous !
Ils ont dit qu'ça serait tout biau après !
On espère bien, nêmme donc ! Sinon, on ira leur chercher des poux dans la pouillatte !

Juillet et Septembre 2004 : nos piots et l'école

Le 1er juillet, les piots de l'école de Banvoie ont fait marcher leurs petites gambettes : rallye dans not' belle forêt de Haye. Une sâprée trotte qu'ils ont fait, nos piots : le Val Fleurion, Clairlieu, puis retour à l'école. Y n'ont pas fait que marcher, non ! Les maîtresses avaient prévu des ateliers culturels et sportifs, comme elles disent. Mais après cette bonne journée dehors, sûr que le soir, ils avaient plus envie d'aller sous la couverte que de se trisser pour aller faire des attrapes aux gens.
Ca y est ! Nos piots ont deux nouvelles maîtresses : Anne-France B. et Elisabeth R. Elles sont bretonnes, et bien jolies. Je connais plus d'un galapiat qui va se mettre à travailler pour ne pas passer pour un bezon ! D'ailleurs, mon Fanfoué, y me bassine qu'il aimerait bien pouvoir retourner à l'école, ce sâpré ouaré ! Oh, c'est pas pour l'école, pour ça non ! C'est pour les maîtresses !
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Novembre 2004 - Môn Dieu don, qu'c'est biau dans notre Grande Rue !

 

 

 

 

 

 

La Grande Rue et ses usoirs tout pavés de porphyre
Not'maire a fait comme il avait dit : le quartier historique de not'village, à c'te heure, est biau comme un sou neuf. D'abord, y a plus ces peûtes poteaux électriques : y sont tous enterrés. C'est tout de même mieux, nêmme donc, de ne plus zieûter toutes ces pendisses le long des rues. Et puis, ils ont refait l'assainissement : l'eau d' pluie n's'ra plus mélangée avec celle de nos pierres à eau. On n'mélange plus les torchons et les serviettes, cheu nous !
Comme dit le Cousin : "Maintenant, Chaligny, c'est plus biau qu'les Champs-Elysées !". C'est bien vrai, Cousin ! Avant, j'm'essuyais les pieds avant d' rentrer chez moi. Et pis, j'enfilais mes patins pour aller faire mes olivettes. Maintenant, vous m' croirez si vous voulez, mais je me surprends à essuyer mes patins pour sortir dans la rue, tellement que c'est tout biau ! Oui, pour être biau, c'est vraiment biau ! Ce sont nos anciens qui seraient bien surpris, nêmme, s'ils pouvaient zieuter ça, eux qui risquaient sans arrêt de se casser la margoulette dans la margatte de la rue les jours de pluie ! Sûr qu'ils en seraient tout chamboulés, surtout avec nos biaux trottoirs en porphyre ! (retour haut de page)

5 décembre 2004 - La Sainte Barbe !

Notre Sainte Barbe passe tout son temps dans c'te calougeotte qui se trouve, sur votre gauche, quand vous entrez au cimetière.
Oh, elle a une bien belle vue sur la vallée, on ne peut pas dire ! et du soleil en veux-tu, en voilà... quand il fait beau, mais elle est quand même toute contente d'aller quaouter chaque 4 décembre dans Chaligny et à l'église. Que voulez-vous ? C'est une vieille habitude, nêmme donc !
C'te année, ce sont les fils des anciens mineurs qui l'ont portée, comme si elle pesait plus lourd chaque année sur les épaules de ses protégés, nêmme !
Quand not' Sainte Barbe a été bien installée dans l'église, M'sieur le Curé a commencé la messe. Une belle messe, je ne vous dis qu'cela !
Avec not' Harmonie municipale qui a si bien joué ! Et toutes ces belles voix de la chorale inter-paroissiale, si belles qu'on aurait cru que des anges chantaient. Môn Dieu don ! Qu'c'était biau ! Pendant la messe, les "gueules jaunes" ont parlé du bon vieux temps de la mine. Faut dire qu'ils y passaient quasiment leurs vies dans les galeries, nêmme ! Et bien sûr, nous tous, on a pensé à ceux qui n'étaient plus de c'monde !
Avec les belles choses qu'ils ont dites, nos mineurs et leurs fils : ah, ces ouarés ! Ils nous ont mis la larme à l'oeil, nêmme ! mais oui, comme j'vous l'dis. Pourtant, cheu nous, on n'est pas des gens à chouiner pour un oui ou un non, ça non ! Mais c'était si biau qu'on ne pouvait pas s'en empêcher, nêmme ! Et depuis que le Paul-Roger l'a dit, le soir, quand votre mère Mâmiche regarde le ciel, comme lui, elle ne voit plus des étoiles, mais des milliers de lampes frontales !
Mais c'est pas tout ça, quand la messe a été finie, il a bien fallu qu'ils se remettent de leurs émotions, nêmme donc ! Alors, y sont tous allés comme un seul homme à la salle polyvalente, avec la Sainte Barbe, pour un bon repas et, bien entendu, parler des bons moments passés à la mine entre copains.
Môn Dieu don ! Cette Sainte Barbe, ça a été une sâprée fête, pour ça oui ! mais à un moment, que voulez-vous ? il a bien fallu penser à rentrer chacun chez soi, nêmme ! Une dernière lichette, et on a plus entendu que des :
- "à la revoyure !"
- "à la revoyotte !"
à n'en plus finir...
C'était dur de se quitter, mais l'année prochaine, promis-juré, sûr qu'y seront tous là pour fêter la Sainte Barbe à nouveau, nêmme !
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